LES FLAMMES DU SERMENT
Les Flammes du Serment brûlent comme une promesse ancienne, un feu sacré né du sang, de la magie et des serments brisés des dragons.
LES FLAMMES DU SERMENT
Extrait
Elle se redressa et serra le tissu autour de l’objet. Elle émergea la première, marchant jusqu’à l’ouverture criblée de lumière. À peine eut-elle posé un pied dehors que Kaelrun surgit de l’ombre du passage, le visage sévère, et d’un geste brusque glissa sa lame sous la gorge de la magicienne. Sa dague était froide et sèche contre la peau nue.
« Sortez tous et pas de blague » grogna-t-il.
« Un faux mouvement et je tranche la sorcière ».
La tranquillité de façade s’effondra. Vaelnir bondit, les muscles de la nuque tendus, Yrsa se raidit, Garrulf s’arma d’un seul élan, Nimira ferma les yeux comme pour puiser une incantation, mais trente silhouettes les attendaient, massées en formation. Les hommes étaient des guerriers du Culte, cuirasses noires, capes courtes, liserés pourpres, hallebardes pointées, visages durs sous des protections de cuir. Leur alignement était militaire, leur expression sans appel.
Un silence glacial pesa une seconde. Puis Kaelrun parla, sa voix ayant pris ce timbre de conviction que l’on entrait dans un sermon.
« Assez de sang-versé et de fausses légendes » dit-il.
« J’emmène le Cœur au Bastion. Là-bas, nous le soumettrons à l’Ordre. Nous détruirons ces abominations ailées une fois pour toutes. Les dragons n’auront plus d’influence sur nos congénères ».
Les mots tombèrent comme des pierres. Vaelnir sentit la colère monter, mais, avant qu’il puisse répliquer, Eyra, froide et calculatrice, posa la relique entre ses paumes et hésita. L’instant fut d’une finesse terrible, l’artefact chauffait déjà, comme si un feu interne tentait de se joindre à la chaleur humaine. Puis elle se détendit ; ses yeux cherchèrent ceux de Vaelnir et, en un geste contraint, elle fit glisser le tissu, offrant le fragment au félon.
Kaelrun tendit les mains et l’empoigna. À l’instant où ses membres firent contact, le cœur devint une forge. Une température incroyable jaillit à travers la chair, comme s’il avait plongé ses extrémités dans une fournaise. Le cri qui déchira Kaelrun n’était pas seulement douleur, c’était la surprise d’un homme auquel un pouvoir brut venait d’être imposé. Ses doigts se crispèrent. Des veines bleues se dessinaient sur ses mains, puis sur ses avant-bras ; un suintement de lumière dorée fit transparaître des motifs runiques sur sa peau.
« Aaah ! » hurla-t-il, recroquevillant ses membres.
Il voulut jeter le Cœur loin de lui. Mais la relique, presque comme s’elle était uni à son porteur, adhérait, collait, chaleur et aspérité, sièges d’un lien qui se formait en un clin d’œil. La chair de ses paumes criait au feu ; pourtant, Kaelrun garda l’objet, serrant les dents, la mâchoire contractée. Son ton, quand il parla, avait changé, un grain étranger vibrait sous les mots, une résonance qui n’était plus tout à fait humaine...
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